Le premier grand auteur a été le prince régnant Dimitrie Cantemir dont la principale œuvre littéraire et philosophique est « L'histoire hiéroglyphique », écrite en roumain à Constantinople entre 1703 et 1705. Elle retrace les événements de l'époque liés à la lutte pour le trône entre les boyards des pays roumains. D. Cantemir acquiert une réputation européenne par ses ouvrages historiques et scientifiques : « La croissance et la décroissance de l'Empire ottoman » (1714-1716), « La description de la Moldavie », etc.

A partir du XVIIIème siècle, l'influence occidentale se fait de plus en plus sentir. lon Budai-Deleanu (1760-1820), ecrivain, philologue et historien de Transylvanie, est l'auteur de la première grande épopée satirique et comique roumaine « Tiganiada » (L'épopée des Gitans). Au début du XIXème siècle, le boyard valaque Dinicu Golescu rédige le premier journal de voyage (« Impressions de mon voyage ») où il décrit plusieurs pays occidentaux.

C’est au XXIème siècle que la littérature roumaine s’affirme avec deux grands courants : l’un moderniste et romantique (I. Eliade Radulescu, Gigore Alexandrescu, D. Bolintineanu), l’autre traditionaliste et patriotique (M. Kogalniceanu, N. Balcescu, C. Boliac, A. Pann). Jusqu’au milieu de XIXème siècle, la littérature roumaine émane presque exclusivement des boyards et des hommes d’église. L’opposition aux institutions bourgeoises atteint son apogée avec le mouvement de haut niveau culturel La jeunesse, animée par Titu Maiorescu (1840-1917). Plusieurs grands écrivains classiques sont issus de cette société littéraire créée à Iasi en 1863 : Mihai Eminescu (le plus grand poète roumain), Ion Creanga (célèbre conteur), I.L. Caragiale (dramaturge renommé), Vasile Alecsandri (grand poéte). Mihai Eminescu (1850-1889) écrit une poésie philosophique à dominante sociale et nationale (« Empereur et prolétaire », « Décébal », « Lettres »), une poésie lyrique inspirée par la création populaire (« Hypérion », « Calin »), mais il est par excellence le créateur de la poésie roumaine d’amour (« Ange et démon », « L’histoire du tilleul », « Fleur bleue »). Ion Creanga (1839-1889) rédige les « Souvenirs d’enfance » et de nombreux contes d'inspiration populaire et fantastique. I.L. Caragiale (1852-1912) est l'auteur d'un théâtre comique de mœurs (« Une nuit mouvementée », « Une lettre perdue », « Le carnaval ») et de plusieurs nouvelles et récits de satire de la société ou de la psychologie individuelle. Vasile Alecsandri (1821-1890), le Victor Hugo roumain, est l'auteur des « Légendes » (retraçant le passé héroïque du peuple), de poésies pastorales, de proses et de pièces dramatiques.

Au XXème siècle, plusieurs poètes recherchent les racines de la langue, du folklore et de la religion roumaines. Parmi eux, Lucian Blaga (1895-1961) est l'un des plus originaux. Il exprime la nostalgie, la soif du transcendantal et l'obsession de la mort. D'autres suivent une tendance moderniste (Tudor Arghezi, Demostene Botez, George Topirceanu). La littérature roumaine contemporaine est représentée surtout par les œuvres poétiques de Maria Banus (1914-1999), Marin Sojrescu (1936-1997), de Nichita Stanescu (1933-1983), de Stefan Augustin Doinas (né en 1922) et d'Ana Blandiana (née en 1942). Les romanciers classiques du XXe siècle sont. Mihail Sadoveanu, Liviu Rebreanu, Camil Petrescu. Ces dernières années deux prosateurs se sont affirmés : Stefan Banulescu (1926-1998) et Agustin Buzura (né en 1938).

" Micul Paris "(le petit Paris)

Cette expression en vogue à partir de la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle évoque moins l'aspect urbain de la ville à cette époque-là, malgré la forte influence architecturale du style français, que l'état d'esprit extrêmement francophile de ces années. Ce furent d'abord les « bonjouristes », ces jeunes Intellectuels roumains qui, de retour de Paris, ne savaient plus saluer qu'en langue française, tout en apportant des idées avancées de la révolution. Puis, entre les deux guerres et après la seconde guerre mondiale, ce fut l'époque 1 des écrivains qui ont fait de la langue française leur patrie : Panait Istrati, Tristan Tzara, Eugène Ionesco, Emil Cioran ...

La Roumanie d'aujourd'hui, qui fait partie des 50 pays membres du monde francophone, bénéficie, au cœur de sa capitale, d'une forte présence institutionnelle française. Cette dernière se manifeste par l'Alliance Française (la Roumanie en compte cinq dont une à Bucarest) et trois instituts culturels, dont l'Institut français de Bucarest, fondé en 1924. Cet institut a poursuivi une riche activité culturelle sous l'appellation d'Institut Français de Hautes Etudes de Roumanie jusqu'en 1948. Réouvert en 1970 sous l'appellation de « Bibliothèque française », il retrouve, depuis ces dix dernières années un nouveau souffle. Renouant avec la tradition des premières écoles en langue française ouvertes à Bucarest par Jean Vaillant (1804-1886), l'enseignement en français est actuellement assuré à tous les niveaux, (par exemple au lycée Anna de Noailles) jusqu'aux « filières universitaires francophones ».

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Date

Samedi 16 Décembre 2017

 

Heure

Paris :  17h59

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