L'architecture à travers les époques

La colonisation grecque a laissé comme vestiges, des cités au bord de la mer Noire : Histria, Callatis (Mangalia), et Tomis (Constanta) où l'on peut admirer les fondations de temples archaïques du VIIème siècle av J,-C. Viennnent ensuite les forteresses construites par les rois daces, dans les monts Orastie (Transylvanie) : Sarmizegusa, Costesti, Blidaru. Là, d’étranges sanctuaires de forme circulaire ou rectangulaire évoquent les rites et croyances de cette époque. Par la suite, l'art architectural romain trouve sa plus belle expression dans le monument Tropaeum Traiani d'Adamclisi (Dobroudja) : De la colonisation romaine, il subsiste des ruines de casernes à Drobeta (sur le Danube), les thermes à Jidova (sur le Olt), et surtout la ville romaine d'Ulpia Traiana Sarmizegusa autour de son forum. Aux IVème et Vème siècles, l'Empire romano-byzantin donne un nouveau souffle aux constructions : l'édifice « à la mosaïque » de Constanta, le pont (à Sucidava) reliant la Dacie aux provinces sud-danubiennes, les fortifications de plusieurs villes en Transylvanie: Napoca (Cluj), Potaissa (Turda), Porolissum (Moigrad).

Le Moyen-Age est par excellence l'époque des édifices religieux. En Transylvanie, le style roman (cathédrale St Michel à Alba lulia) est relayé par le style gothique (église catholique romaine de Ghelnlta, église Noire à Brasov, forteresse de Hunedoara, église fortifiée de Biertan, ... ). Le plus ancien ensemble d'architecture monastique se trouve dans la Dobroudja, à Basarabi-Murfatlar (Xème s.). En Valachie, le monastère Cozia restera durant quatre siècles le principal modèle d'architecture religieuse. A Curtea de Arges, l'église princière St Nicolas (XIVème siècle) et l'église épiscopale (XVIème siècle) sont de véritables chefs d'oeuvre d'architecture. Mais c'est en Moldavie que l'art religieux aboutit à des modèles uniques au monde. Une série de monastères à peintures murales extérieures (Putna, Hârlau, Voronet, Arbore) sont construits par le voïvode Etienne le Grand et par ses successeurs (Moldovita, Humor, Dragomirna, Sucevita).
Au XVIIème siècle, sont édifiées à lasi l'église des Trois Hiérarques d'inspiration arméno-géorgienne et à Bucarest, l'église métropolitaine, actuelle église de la Patriarchie orthodoxe. Un style nouveau, profondément autochtone, le style Brâncoveanu, d'après le nom du voïvode de l'époque, prend naissance en Valachie à la fin du XVIIème siècle par la construction du monastère de Hurez, D'autres constructions dans ce style suivront : le palais Mogosoaia, avec sa superbe loggia à l'italienne, et le monastère Vacaresti près de Bucarest (rasé dans les années 1980, sous le régime communiste). En Transylvanie, le style baroque apparaît dans plusieurs villes : à Cluj (l'actuel musée d'art), à Blaj (la cathédrale roumaine) et à Oradea (le palais épiscopal aujourd'hui musée du pays des Cris).

L'architecture civile et religieuse de la Valachie et de la Moldavie, fin XVIIIème siècle et début du XIXème siècle, est marquée par le style néoclassique. Plusieurs palais sont construits à Bucarest dans ce style: le palais Stirbei (musée d'art populaire), le palais de Grigore IV Ghica près du lac Tei, le palais Sutzu (musée d'histoire de la ville). A lasi, le palais du prince régnant Cuza, abritant aujourd'hui l'Université représente le style néoclassique.

Au XIXème siècle, après la modernisation des rues bucarestoises, deux tendances se dégagent en architecture :
-l'influence française, plusieurs bâtiments étant construits par des architectes français (la Banque Nationale Roumaine, l'Athénée, le Palais de Justice, la Bibliothèque centrale universitaire, le Palais de la Caisse d'Epargne et des Consignations, etc,).
- le style néoroumain créé par l'architecte roumain Ion Mincu, qui a donné une interprétation moderne aux éléments de l'architecture médiévale et populaire roumaine (la maison Lahovary, l'Ecole Centrale de Jeunes Filles, l'Institut d'Architecture de Bucarest, etc,). C'est dans le style éclectique de l'entre-deux-guerres qu'ont été construits plusieurs édifices de la capitale: le palais de l'Académie militaire, l'Arc de triomphe, le palais de la République, le palais de l'actuel Conseil des Ministres, etc.

L'arrivée au pouvoir des communistes a privilégié dans un premier temps le style néostalinien. La Maison de la Presse Libre, réplique de l'Université Lomonosov de Moscou, en est un exemple. Le pullulement des blocs en béton à la façade monotone correspond à des besoins immédiats de création de logements. A partir de 1960, commença la construction des quartiers « satellites » de Bucarest :
Titan, Drumul Taberei, Berceni. Cependant, plusieurs créations architecturales sont intéressantes: l'aménagement de stations sur les bords de la mer Noire dans les années 1965-1970, la construction des théâtres nationaux de Craiova et de Târgu-Mures en 1972-1973, le réaménagement de certaines artères de Bucarest (avenue lancu de Hunedoara et Dorobanti), la reconstruction des centres civiques à Baia Mare, Bistrita, Constanta, Pitesti, etc. Dans les années 1980, la « systématisation » entreprise par Ceausescu pour la création d'un nouveau centre civique de la capitale a entraîné, outre la démolition de maisons vétustes et insalubres, la disparition d'un bon nombre d'immeubles qui auraient préservé le charme d'autrefois de la ville.
Le Palais du Peuple, devenu aujourd'hui Palais du Parlement, surprend toujours par ses dimensions gigantesques, Un projet de restructuration de cette zone, comprenant une cathédrale monumentale, est prévu pour les prochaines années (« Bucarest 2000 »).

L’habitat à travers les région

Alors qu'il est un attrait majeur de la Roumanie, l'habitat traditionnel n'est pas protégé. Dans les régions les moins avancées, il est plutôt bien conservé: Moldavie, Maramures, pays des citadelles saxonnes, recoins d'Olténie ou des monts Apuseni, fond du delta du Danube, Bucovine. Mais il est possible de débiter des maisons de Maramures ou de Bucovine et de les exporter en France ou en Suisse pour en faire de charmants petits chalets. S'il reste encore beaucoup de ces chefs-d'oeuvre dans les villages, on peut en apprécier un superbe échantillonnage dans ces musées en plein air aménagés dans plusieurs régions de Roumanie: le musée du village de Bucarest, le plus célèbre, mais aussi près de Sibiu, Sighetu Marmatiei, à Curtisoara et près de Cluj-Napoca.


Maison de Maramures

Témoignant d'une remarquable science des volumes ainsi que d'ingéniosité, la maison est faite de madriers ronds ou équarris, empilés horizontalement et emboîtés à leurs extrémités en queue d'aronde. Des motifs végétaux ornent parfois les encadrements des portes ou des fenêtres. Le bois est omniprésent.

Maison saxonne

Les maisons de pierre ou de brique sont enduites de chaux aux délicieuses couleurs pastel que vient relever la couleur franche des fenêtres. Les frontons affichent des ornementations en stuc, tandis que les toits sont recouverts de tuiles plates en écailles. Chez les Saxons, lits, bancs et armoires sont décorés de motifs floraux.

Maison moldave

Badigeonné de chaux, les murs blancs sont rehaussés de la couleur, généralement vive, des ouvertures et des éléments de bois, qui peuvent être très raffinés.

Maison des Apuseni

Là se rencontrent les maisons les plus "primitives" de Roumanie. Leur haut toit de chaume évoque la toque d'astrakan que portent les paysans.

Maison de Bucovine

Les majestueuses maisons au toit à quatre pentes sont encore nombreuses. La Bucovine est le pays de l'imagination au service du décor quotidien: juxtaposition de couleurs, fignolage des détails de bois découpé, passion du détail et décorations naïves.

Maison du Delta du Danube

Construites de torchis, les maisons du Delta sont coiffées d'un toit de roseaux. L'essentiel de l'ornementation se limite à peindre en bleu portes et fenêtres.

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Date

Samedi 16 Décembre 2017

 

Heure

Paris :  17h57

Bucarest : 18h57